PHOTAUMNALES

FLUX - LE DISCRET ET LE CONTINU


AVEC LES ŒUVRES DE :

Jean-Christian BOURCART / Chiara CATERINA / Natan DVIR / Thierry GIRARD / Yannick LABROUSSE / Michel SÉMÉNIAKO / Rafaël TRAPET / Tomas VAN HOUTRYVE / Beatrix VON CONTA / Carte blanche à la revue 6 Mois

INVITATION AUX FESTIVALS PARTENAIRES :

Fabian ALBERTINI /  Mindaugas KAVALIAUSKA / Mélissa PILON

 


INFORMATIONS PRATIQUES :

Du 19 septembre 2020 au 3 janvier 2021

LE QUADRILATÈRE 
22 rue Saint-Pierre à BEAUVAIS 
Ouvert du mardi au vendredi de 13h à 18h et le weekend de 10h à 18h
Tél. : 03 44 15 67 00 

 


FLUX - LE DISCRET ET LE CONTINU

L’eau des fleuves s’écoule vers l’océan, le sang dans nos veines, la foule dans le métro, les autos sur les routes. Tout serait flux dans notre vie ? Mais quid de l’individu, la cellule, la goutte d’eau, l’atome, la particule ? N’auraient-ils pas d’existence propre, une histoire, une finalité ? Voilà longtemps que scientifiques et philosophes réfléchissent à cet étonnant paradoxe : comment considérer comme une seule et unique réalité ce qui ne peut se diviser (qu’ils nomment le discret) et ce qui semble un tout constitué (le continu) ?

Ce couple infernal est un beau défi pour les photographes, sans cesse confrontés au problème de la durée et de l’instant. Visualiser l’air autour d’un avion, suggérer l’invisible chemin des ondes sonores, montrer la foule, y prélever l’individu, percer la nuit où se cachent les sans-frontières : autant de tentatives pour répondre à cette obsédante contradiction qui sous-tend et conditionne notre perception du monde. Depuis Marey, puis les frères Lumière, le cinématographe et ses 24 images par seconde dont l’infime différence créait, persistance rétinienne aidant, l’illusion du mouvement continu. Avec Instagram, ce sont des kyrielles d’images, toutes différentes, qui défilent sous nos doigts, chacune à son destin, sans fil conducteur : on appelle cela du joli nom de flux de données.

Cette exposition propose une exploration des multiples flux de notre quotidien qui se révèlent dans la diversité des regards photographiques.

 

 


Jean-Christian BOURCART
Enclave
QUADRI BOURCART


Suite à une première série réalisée à New York il y a 20 ans intitulée Traffic, j’ai braqué mon téléobjectif sur les visages des automobilistes ou des voyageurs des transports en commun parisiens.

Les gens sont surpris de cette intrusion et c’est souvent leur stupeur qui est enregistrée, enclavée par les reflets de la ville, les masques du confinement rajoutant une dimension étrange et quelque peu anxiogène.

Sommes-nous encore bien nous-mêmes, pris dans les systèmes du monde actuel ? Avons-nous perdu notre visage - notre identité – dans les écrans du réel ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Christian Bourcart (1960) est un photographe itinérant. Pour chaque nouveau sujet qu’il aborde, il utilise plusieurs médium : photographie, vidéo, cinéma, écriture. 

Son travail a été récompensé par le prix Polaroïd, le World Press photo, le prix Gilles Dussein, le Prix du Jeu de paume, le Prix Niepce et le Prix Nadar. Il réside entre la France et New York.

https://jcbourcart.com

 

 


Chiara CATERINA
The Afterimage
QUADRI CATERINA


The Afterimage est une installation qui propose un voyage dans les images à travers la confrontation de deux archives : la première est composée de milliers d’images diapositives de photographie vernaculaire que j’ai récupérées et accumulées pendant plus de dix ans ; la seconde est celle de la masse d’informations collectives, issue de la recherche internet, d’images, de texte, de sons et de vidéos.

Ces deux bases de données sont mises en dialogue, questionnant le spectateur sur le pouvoir de l’image, sur sa réminiscence et sur les possibilités de dérive, générées par l’immersion dans l’immensité du plus grand archive numérique publique au monde. 

Il s’agit ici d’une question-réponse entre l’humain et la machine. L’algorithme utilisé pour reconnaître et analyser des images anciennes et perdues propose des possibles chemins de ré-appropriation d’une image; une autre possible existence qui prend vie et se nourrit grâce aux univers multiples et changeants du world wide web.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chiara Caterina (1983) est filmmaker et artiste. Apre s des études de cinéma a l’université de Rome elle suit un post-diplôme a Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains. Son premier court-métrage Avant la nuit a été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux.

www.chiaracaterina.blogspot.com

 

 


Natan DVIR
Platforms
QUADRI DVIR

Platforms est une série explorant l’architecture souterraine unique de New York et les personnes qui la traversent temporairement. Les quais de métro, du point de vue d’un banlieusard en attente de l’autre côté, présentent une expérience voyeuriste géométriquement disséquée par l’architecture de l’espace. Rappelant visuellement les pellicules photographiques, les colonnes du métro omniprésentes organisent l’espace en plusieurs récits. Il faut parcourir les lieux pour révéler la dynamique entre les passants et voir l’image complète. La plateforme devient une scène où les « acteurs » prennent leur place provisoire jusqu’au passage du train et invitent à « l’acte » suivant.

Les images de cette série visualisent les nuances d’un isolement auto-infligé dans une mégapole autrement dense et chaotique. Les interactions, ou leur absence, se manifestent dans le langage corporel et la localisation spatiale des navetteurs observés.

L’utilisation écrasante d’appareils technologiques personnels minimise encore plus le potentiel de connexion humaine. Combinant une pratique voyeuriste avec une stratégie photographique tirant parti des caractéristiques architecturales des stations, la série reflète le détachement, la séparation, les espaces personnels, l’individualisme, la solitude et les connexions momentanées dans les niches souterraines d’une métropole urbaine.

 

Natan Dvir (1972) est diplômé de l’Université de Tel Aviv et de l’École des Arts Visuels de New York. Membre de l’ICP (International Center of Photography), il est représenté par l’agence photo Polaris Images. Il vit et travaille à New York. Natan Dvir a reçu le 1er prix de l’IPA (International Photography Award) pour cette série dans la catégorie « Spécial/Panoramique ».

http://natandvir.com

 

 


Thierry GIRARD
Iaşi, Dérives urbaines

QUADRI GIRARD


Dans mes projets récents, j’ai exploré des territoires plus urbains, en mettant en place des dérives urbaines à partir des réseaux ferroviaires ou métropolitains utilisés comme fils d’Ariane pour traverser la ville ou accéder à ses limites. En cherchant à construire un projet sur la ville de Iași (Roumanie), j’ai étudié l’étendue et la forme générale de la ville, et j’ai découvert qu’elle était traversée par plusieurs lignes de tramway qui vont d’une extrémité à l’autre de la ville.

Mon projet photographique s’est donc défini sur le principe suivant : arpenter, explorer la ville de Iași en prenant comme fil conducteur quatre lignes de tramway. Aller jusqu’à chaque extrémité en photographiant les usagers du tramway ; puis, depuis la dernière station, revenir vers le centre-ville en marchant lentement, en prenant le temps de photographier l’espace urbain, l’architecture, mais aussi de rencontrer et photographier les gens, les passants. Ce travail mêle du paysage urbain, de la street photography et du portrait posé in situ.

Ce projet parle de la ville de Iași et de ces habitants, bien évidemment, mais il est aussi, et peut-être avant tout, une réflexion sur la manière de photographier le monde en étant attentif à des choses simples, des flux (de foules, de voitures, de mouvements divers), des gestes, des attitudes, l’organisation d’espaces urbains modestes. Et la simple humanité des gens rencontrés, qui acceptent de se laisser photographier. Iași, dérives urbaines est un projet soutenu et labellisé par la Saison franco-roumaine 2018-2019. Il a bénéficié du soutien de la ville de Iași, ainsi que de l’Institut français de Iași et de l’université George Enescu.

 

 

 

 

 

 

 


Thierry Girard (1951), diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris en 1974, décide dès la fin de ses études de se consacrer a la photographie. Il s’est surtout fait connaître grâce a ses itinéraires, ses longs périples, ses marches photographiques ou ses dérives urbaines.

www.thierrygirard.com

 

 

 

 


Yannick LABROUSSE
La couleur du son

QUADRI BROUSSE


Les photographies présentées dans le cadre de cette exposition sont extraites d’un corpus d’images produites par le collectif TempsMachine. En octobre 2012, il sollicite Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Culture, et lui propose de réaliser un travail photographique et vidéo sur la station. Les photographes reçoivent carte blanche et accèdent librement à la Maison de la Radio de janvier à avril 2013.

Soucieux de rapporter une observation sensible, Yannick Labrousse envisage son expérience photographique à France Culture sous le sceau du décalage et de l’abstraction. Ses images témoignent alors d’un rapport profond au temps où se confrontent imaginaire et réel.

En investissant, par une prise de vue lente et précise, les espaces d’enregistrement radiophonique, il traite du décalage entre le visible et l’invisible, l’audible et l’inaudible. Il propose une réflexion sur le sens que l’on peut donner aux « sculptures anonymes » ; à ces objets, outils, matières et matériaux inhérents aux espaces investis.

La permanence de ces lieux de création se trouve alors appuyée sans pour autant en détruire tout son mystère. En choisissant de figer le son dans les matériaux, les formes et les coloris, le photographe interroge donc « la couleur du son » à France Culture et reproduit à sa manière un climat propice au calme, à la concentration, à l’interrogation et à l’écoute.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yannick Labrousse (1978) a appris le métier auprès de son père photographe puis au cours d’une formation de trois années à l’ETPA à Toulouse. En 2005, il fut membre fondateur du collectif TempsMachine. Il vit et travaille à Paris. Rouge Micro, Diaphane éditions, 2013

www.yannicklabrousse.com

 

  

 


Michel SÉMÉNIAKO
Exil
QUADRI SEMENIAKO
Un jour, en 2000, je découvre dans la presse l’image spectrale et verdâtre d’un groupe de clandestins. Elle me bouleverse. Une mémoire familiale, jusqu’ici enfouie, fragmentaire et désordonnée comme un dépôt lapidaire, se trouve subitement réactivée par l’actualité.

Cette image d’humains, traqués comme des bêtes sauvages par des caméras thermiques, exprimait la violence dominatrice des puissants, dotés d’une technologie sophistiquée, sur les misérables fuyant guerre et pauvreté.

En utilisant un film infrarouge, je détourne cette technique « froide » de surveillance. J’en inverse le processus : la chaleur ne dessine plus une cible, mais exprime l’aura des corps vivants, leur énergie pour survivre. Le clandestin n’a pas d’autre issue que de couper ses racines familiales, matérielles et culturelles, la fuite le contraint à cacher sa singularité jusqu’à l’invisibilité. Les couleurs marquent les étapes de l’exil : vert (la fuite), bleu (l’errance), rouge (l’espoir).

Les liens étroits qui rattachent les événements dramatiques récents (Sangatte, les sans-papiers, les boat-people en Méditerranée...) à ma mémoire familiale ont généré la mise en œuvre de ce projet. 1921, ma mère, ses parents, et d’autre part mon père, fuient la guerre civile qui dévaste l’URSS. Un périple à travers l’Europe les amène à se rencontrer en France. Ma compagne, enfant, a franchi clandestinement la frontière de l’Espagne avec sa mère par l’estuaire de la Bidassoa, pour rejoindre son père, réfugié politique, arrivé en France par les Pyrénées.

 

 

 

 

 



Michel Séméniako (1944) fut membre de l’agence Métis de 1991 à 2004 et maître de conférence en photographie à la Faculté des Arts d’Amiens de 1992 à 2007. Exil, textes de Louise L. Lambrichs, éditions Trans Photographic Press, 2004

www.michel-semeniako.com

 

 

 


Raphaël TRAPET
Les fantassins
QUADRI TRAPET


À l’ouest de Paris, un monument érigé pour commémorer le courage des défenseurs de la capitale, pendant la guerre de 1870, a donné son nom à un quartier : La Défense.

Devenu le plus grand quartier d’affaires en Europe, il est rejoint quotidiennement par des milliers de travailleurs qui mènent la nouvelle guerre économique et défendent le capital.


Rafaël Trapet (1971) est diplômé de neurosciences et de communication scientifique. Il est membre et co-gérant de l’agence coopérative Picturetank.

http://rafaeltrapet.net

 

 

 

 



Tomas VAN HOUTRYVE
Divided (installation vidéo)
QUADRI VAN HOUTRYVE
Bien que les frontières puissent jouer un rôle important dans nos vies et avec notre sens de l’identité, ces frontières entre les pays sont impermanentes, artificielles et souvent absurdes. À travers le prisme de la politique contemporaine, les frontières nationales peuvent prendre des significations dramatiques et déformées.

Divided (2018), est une installation vidéo qui se concentre sur la répétition intemporelle des lignes de vagues de l’océan Pacifique. La frontière entre la Basse-Californie et la Haute-Californie remonte à 1848, lorsque l’armée américaine a saisi la moitié nord du Mexique. Au fil des ans, la frontière a été renforcée d’une ligne imaginaire à une clôture en une barrière en acier qui s’avance dans l’eau. Des lignes de vagues ont traversé l’océan Pacifique depuis des temps immémoriaux. Maintenant, cette barrière les sépare juste avant d’atteindre le rivage.

Tomas van Houtryve présente également Lines and Lineage, du 5 novembre au 17 décembre à l’espace Matisse à Creil.

 

 

 

 

 

 

Tomas van Houtryve (1975) est un artiste conceptuel, photographe et auteur dont les œuvres majeures mêlent journalisme d’investigation, philosophie et métaphore. Il crée des images en utilisant un large éventail de processus, allant du collodion de plaques humides du 19ème siècle à l’imagerie thermique et à la réalité augmentée.

https://tomasvh.com

 

 

 

 


Béatrice VAN CONTA
Flux
QUADRI VON CONTA
Depuis de nombreuses années, le thème de l’eau s’est infiltré comme un sujet majeur dans mon approche photographique du paysage contemporain et de sa mutation inexorable. Dans Flux, je porte un regard sur la problématique du transport et la présence du trafic à partir de ces espaces complexes et hybrides qui se forment autour des ponts enjambant les cours d’eau.

 

 

J’approche la notion du lien, d’une traversée du paysage, sous un double éclairage. Fil réel et symbolique à la fois, la rivière traverse le paysage, mais est également traversée. De liaison fluviale elle devient séparation, oppose ses bords, sépare communes et paysages. Les impératifs d’accessibilité des régions isolées, d’acheminement rapide des marchandises, l’accélération du temps qui caractérise la société d’aujourd’hui, finissent par transformer rivières et fleuves en obstacles, exigeant la construction de ponts, passerelles et autres passages à gué.

Formes architecturales puissantes à la symbolique forte, envolées dans l’espace prenant appui au sol, les ponts incarnent depuis toujours le désir et la nécessité pour l’homme de passer de l’autre côté, tout en employant pour y parvenir les dernières avancées technologiques. Plus haut, plus loin, plus léger. Jusqu’au plus profond du paysage. À l’inverse de mon approche fréquente du paysage depuis un point plutôt élevé, je suis souvent au pied des piliers, en dessous de l’ouvrage, dans le lit des rivières en manque d’eau, le regard s’orientant vers les hauteurs, guettant cet objet qui, par son inévitable apparition, interroge la notion d’éloignement et d’échelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beatrix von Conta (1949), née à Kaiserslautern en Allemagne, s’installe en France en 1975 comme photographe. Son travail est représenté par la galerie Le Réverbère à Lyon. Elle vit aujourd’hui près de Romans-sur-Isère dans la Drôme. 

 

 


Revue 6Mois
Les confiné/es

 QUADRI 6mois

Depuis dix ans, la revue 6Mois publie des histoires vraies en images, portées par des photojournalistes de tous les continents qui s’immergent des semaines, des mois et parfois des années durant, au plus près des gens. Mais comment raconter la vie quand elle se fige, quand le terrain de reportage devient sa maison ? De Mexico à Paris, la crise sanitaire du Covid-19 a obligé les photojournalistes confinés à se réinventer, à chercher à exister autrement.

Enfermés chez eux ou dans un périmètre restreint, ils ont immortalisé leurs ados accros à leurs téléphones, la répétition des jours vides, les petits riens, la poésie retrouvée dans les plis du quotidien. Certains ont invité le monde extérieur chez eux à travers d’ingénieux dispositifs, d’autres sont partis en reportage avec Zoom.
Oscar Wilde disait que le plus grand pêché de l’homme est le manque d’imagination. Ces photographes ont tenté d’imaginer l’impensable. À l’image de la période que nous traversons, en équilibre sur un fil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 


Fabian ALBERTINI
Controlled Lives
QUADRI ALBERTINI
Présenté par Photolux festival de Lucca (Italie)

Controlled Lives étudie la mutation irréversible que l’intelligence artificielle avec la biométrie faciale apporte dans nos vies, véritable révolution sociale de transformation de notre vie privée et de nos habitudes. (...) En plus de la perte d’intimité, les règles de la technologie moderne exigent que nous soyons constamment visibles : les réseaux sociaux, initialement développés comme plateformes de communication, viennent définir les normes de l’activité quotidienne et du mode de vie. Si cela ne suffisait pas, le logiciel de reconnaissance faciale a la capacité de catégoriser les gens en fonction d’une variété de caractéristiques et de comportements, y compris la race et le sexe et également l’humeur. L’État chinois met en place un vaste système de surveillance de la population qui classera les individus en fonction de leur « crédit social ». À l’aéroport international de Dubaï, les passagers traverseront un tunnel d’aquarium virtuel dans lequel 80 caméras intégrées scanneront leur visage. Le rôle du poisson? Capter l’attention des passagers - et donc leur biométrie.

Les photographies sont destinées à faire réfléchir le spectateur sur le changement en cours et son impact social sur nos vies. Avons-nous un moyen de changer notre comportement pour protéger notre vie privée de la surveillance quotidienne ? Peut-être qu’il ne reste plus qu’à masquer, transformer ou cacher notre identité, comme dans les temps anciens, lorsqu’elle était utilisée comme forme de protection.

Ce système de base de données sera-t-il si différent des outils utilisés par Cesare Lombroso ? Biométrie faciale = physiognomie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fabian Albertini (1965), artiste italienne, a étudié à l’Institut Italien de Photographie à Milan. Ses recherches mêlent installations et photographies. Elle vit et travaille entre Reggio Emilia (Italie) et Rio de Janeiro (Brésil).

www.fabianalbertini.com

 

 

  


Mindaugas KAVALIAUSKAS
Travel'AIR
QUADRI MINDAUGAS

Présenté par le festival Kaunas photo (Lituanie)


Pour Mindaugas Kavaliauskas, le temps passé dans les aéroports et les avions de ligne est une expérience unique. En voyageant fréquemment en Europe et occasionnellement aux États-Unis, en Asie ou en Australie, il a observé la vie autour de lui avec un appétit croissant pour que les choses vues deviennent des images. Le paradoxe est que l’aliénation de la société et le sentiment de peur de l’inattendu sont nés d’une catastrophe provoquée par l’avion du 11 septembre 2001. Événement qui a aussi bouleversé le rapport à l’image et l’attitude des individus envers la photographie et ceux qui la produisent.

De toute évidence, l’homo-photographicus muni de son appareil photo dans les aéroports et sur les vols est loin d’être toujours le bienvenu. Souvent, son appareil photo doit être passé aux rayons X, parfois suspecté selon sa taille et sa forme d’être une arme étrange ou un support à explosifs, il doit être éteint à bord sous prétexte d’atteinte à la sécurité de l’équipage. Parfois, l’appareil photo de Mindaugas déjouait la réglementation pour devenir un moyen de communication, un prétexte pour engager la conversation avec des compagnons de voyage, des membres d’équipage ou des agents d’aéroports.

Ces images, d’abord souvenirs d’une époque de voyageurs imprudents, composent cette série très personnelle qui donne à voir le temps du monde d’avant, où la mobilité semblait inaliénable Ces photographies parfois décalées questionnent également notre capacité à changer nos modes de déplacements dans un monde où la contrainte écologique nous poussera à réduire la densité des flux aériens.

 

 

 

 

 

Mindaugas Kavaliauskas (1974), photographe, conservateur du musée de l’aviation lituanien, est membre de l’association des photographes lituaniens depuis 1993. Il est diplômé de l’université Vytautas Magnus de Kaunas et de l’École nationale de la photographie d’Arles. 

www.kavaliauskas.eu

 

 

 


Mélissa PILON
Foules
QUADRI PILON

Présentée par Les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie (Québec)

Depuis quatre ans, je collectionne les images de foules que je trouve dans des livres, des magazines, des journaux et des archives de photographes. Ces images de rassemblements et de marées humaines proviennent de contextes variés : foules d’hiver, foules en détresse, foules revendicatrices, foules assoiffées de liberté, foules de vacanciers, foules en mouvance, foules en liesse, foules de guerres, etc.

Toutefois, elles semblent toutes porter en elles une réflexion commune autour de la masse humaine, ses interactions et variations. Mon projet ne souhaite pas mettre l’accent sur la provenance des photographies ni sur leur contexte historique, géographique ou politique. Je fragmente et je recompose les images en diptyques de manière à mettre en évidence les motifs, les textures, les compositions graphiques, les déplacements, le mouvement des corps et des regards. Je m’intéresse à l’aura poétique dégagée par ce travail d’édition de la foule. C’est un rapport direct du regard sur le regroupement humain qui est privilégié dans cette recherche où les archives deviennent autant des textures sensibles que des documents. L’individuel et le collectif s’y rencontrent et s’entremêlent dans le flou, la haute définition, la compression, l’identité et sa disparition. C’est comme si envers et contre la fixité de l’image, l’énergie des corps en mouvement est toujours perceptible. C’est précisément cette tension que je cherche à présenter.

 

 

 

 

 

 

 

Mélissa Pilon (1987) est maître designer graphique diplômée de la Werkplaats Typografie aux Pays-Bas où elle s’est spécialisée dans le photojournalisme et la culture des images dans le contexte du design graphique. Elle vit et travaille à Montréal.

www.melissapilon.com 

 

 


Collège de France
QUADRI PILON

Comprendre le mouvement

À la fin du XIXe siècle, Étienne-Jules Marey parvient génialement à montrer le mécanisme de la locomotion animale et humaine, grâce à la photographie. Il décompose le mouvement en une série d’instants successifs, qu’il fige en une image unique. Le cinématographe fera peu après défiler chacun de ces instants, créant l’illusion du mouvement réel. Mais Marey, insatiable, va plus loin et montre l’invisible: que fait un courant d’air rencontrant un obstacle? Par des procédés toujours plus ingénieux (remplacer l’air par la fumée, bien visible, elle), il nous offre de très belles vues, apparemment abstraites, de phénomènes que nous rencontrons à chaque instant de notre vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ONERA
QUADRI PILON

Art et science des modèles

Un demi-siècle plus tard, les industries automobile et aéronautique ne cessent de produire des engins toujours plus rapides, et de telles préoccupations deviennent essentielles. L'aérodynamisme en effet est une question clé pour obtenir formes et performances optimales. Dans ses tunnels d’essai de Meudon et Modane, l’ONERA accueille alors les recherches expérimentales les plus poussées. On voit ainsi apparaître les formes les plus hardies, mises à l’épreuve de vents artificiels extrêmes, visualisés par les procédés les plus astucieux. Grâce à des modèles réduits, la DS 19, le Concorde, des navettes spatiales et tant d’autres objets, trouvent ainsi leur profil optimal. Aujourd’hui, l’activité de l’ONERA s’étend à de nombreux domaines, à travers ses différents centres d’essais. Mais aussi, aux modèles physiques se sont ajoutés les modèles numériques: à côté des grands tunnels, soufflent aussi des vents calculés. La combinaison des deux a sensiblement enrichi la connaissance des phénomènes et permis d’atteindre de hauts degrés de précision.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LNHE/EDF R&D

Simuler pour comprendre, simuler pour décider

Sur l’île des Impressionnistes, à Chatou (Hauts-de-Seine), au coeur de l’un de ses centres de recherche, EDF R & D a créé un hall d’essais aux dimensions impressionnantes, le Laboratoire National d’Hydraulique et Environnnement (LNHE). Il est équipé pour reproduire, à moindres échelles, différentes installations hydrauliques implantées sur le territoire, afin de mieux comprendre, voire modifier, les phénomènes qui y prennent place. Ainsi voit-on reconstitués, pour de longues périodes d’études, des barrages, canaux, dispositifs de refroidissement des centrales, avec le meilleur niveau de similitude possible. En variant débits, pressions, dispositifs, profils des sites, on cerne de mieux en mieux les phénomènes que l’on souhaite comprendre, contrôler, ou modifier. À côté de cette modélisation physique et des mesures sur sites, avec l’avènement de l’informatique, la pratique de la simulation s’est considérablement enrichie. Ici, on décrit formes et phénomènes continus (les installations, les reliefs du paysage, les écoulements, les forces exercées par le poids, le vent…) en termes calculables : c’est le passage du continu au discret. Le modèle, alors, ce n’est pas ce qu’on voit, c’est un ensemble d’équations qui décrit tout cela. Les gigantesques masses de données résultant de leur résolution sont autant de points permettant la visualisation, désormais très réaliste, de l’objet ou phénomène étudié.

Le charme discret de la simulation!