PHOTAUMNALES

  FLUX - UNE SOCIÉTÉ EN MOUVEMENT

 


AVEC LES ŒUVRES DE :

Mathieu FARCY et Perrine Le QUERREC / Nicolas FLOC’H / Éric GUGLIELMI / Ilanit ILLOUZ / Florence PARADEIS 

 


INFORMATIONS PRATIQUES :

Du 19 septembre au 22 novembre 2020

LE CRP / CENTRE RÉGIONAL DE LA PHOTOGRAPHIE HAUTS-DE-FRANCE
Galerie de l'ancienne poste - Place des nations à DOUCHY-LES-MINES

Ouvert du mardi au vendredi de 13h à 17h. Ouvert les weekends et jours fériés de 14h à 18h.
Tél. : 03 27 43 57 97

Entrée libre

 


FLUX - UNE SOCIÉTÉ  EN MOUVEMENT

Le programme Flux, une société en mouvement, mené en association avec le CRP/ Centre régional de la photographie Hauts-de-France et Diaphane, pôle photographique en Hauts-de-France, aborde le monde actuel à travers les multiples mouvements qui le fondent et le traversent au quotidien.

Ce sont 15 photographes ou duos d’artistes qui ont pu réaliser le projet qu’elles et ils avaient proposé lors de l’appel à candidature. Chacun témoigne d’une manière singulière des multiples flux irriguant notre quotidien et de leurs conséquences environnementales et sociétales. Flux financiers, flux logistiques, flux humains, flux électriques, flux des données, flux des matières premières… s’enchevêtrent, s’emballent et parfois finissent par déborder.

L’ensemble est également représentatif de la richesse de la scène photographique française, en mettant l’accent sur ses talents émergents, pour lesquels c’est bien souvent une première entrée dans les collections publiques.

Les deux expositions organisées à Beauvais et Douchy-les-Mines rassemblent les travaux des 15 photographes de la commande, dans le cadre de la 17ème édition des Photaumnales. 

Dans le livre Flux, une société en mouvement, coédité par le Cnap et les éditions Poursuite (Arles), chaque artiste a choisi l’auteur qui accompagne ses œuvres, par affinités et envies de rencontres, tout en travaillant avec le graphiste et l’éditeur à la mise en forme des pages dédiées à son travail. 

Le texte introductif, écrit par Bruce Bégout, philosophe et romancier, est conçu, sous la forme d’une carte blanche, comme une seizième participation à ce projet. L’auteur y interroge notre relation vitale avec les flux d’un point de vue anthropologique. Ce livre photographique, à travers ces langages artistiques et critiques singuliers, expose ainsi autant un état du monde que de la photographie contemporaine, qui représente et documente, pour produire une connaissance actualisée de tous les aspects de la vie, des plus visibles aux plus infimes.

 

 


Mathieu FARCY et Perrine LE QUERREC
L'augure
CRP FARCY LE QUERREC BD

L’augure, dans la Rome antique, était le prêtre dont la charge était d’observer le vol des oiseaux afin d’en tirer des présages pour la conduite des affaires publiques.

Dans L’augure nous mettons en lien les flux d’informations et les rapports au corps qu’ils induisent. Notre travail se présente sous forme de triptyques composés d’une archive visuelle, une photographie de Mathieu et un texte de Perrine.Ces triptyques n’empruntent pas de chemin systématique. Les trois éléments sont mobiles, mais ils marquent toujours : une origine, un trajet, une destination.

Les triptyques sont des structures propres à l’iconographie religieuse, ils sont pensés comme des objets précieux et sacrés. Ils proposent, par leur disposition, de ralentir et de s’appesantir.

Avec L’augure, nous proposons un arrêt du flux par l’étude de ses trois composantes : l’origine, le trajet et la destination.

 

Mathieu Farcy, photographe, et Perrine Le Querrec, écrivaine, forment le duo PLY. PLY engage leur création commune vers des chroniques poético-documentaires faisant intervenir l’image, le langage et la mémoire. Mathieu Farcy (1985) vit et travaille en Picardie. Perrine Le Querrec (1968) vit et travaille entre Paris et le Berry.

www.mathieufarcy.com / www.perrine-lequerrec.fr

 

 

 


Nicolas FLOC'H
Bulles

CRP FLOCH 

Bulles (2019) documente les effets de l’acidification des océans sur les écosystèmes à Vulcano, en Sicile.

Le CO2 d’origine volcanique s’échappant du fond de la mer rend acide l’eau d’une baie, permettant de visualiser ce phénomène global en cours autrement qu’en laboratoire.

Avec les scientifiques des universités de Palerme (Sicile) et Tsukuba (Japon), Nicolas Floc’h se rend sur des sites acides comme il l’a fait précédemment lors de sa résidence à bord de la goélette scientifique Tara dans le Pacifique.

La série des 8 images de Vulcano nous montre l’évolution de la biodiversité à quelques centaines de mètres d’écart en fonction du milieu, acide et non acide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nicolas Floc’h (1970) est photographe et plasticien. Depuis une dizaine d’années, un travail centré sur la représentation des habitats et du milieu sous-marin a donné lieu à une production photographique documentaire liée aux changements globaux et à la définition de la notion de paysage sous-marin. Il vit et travaille à Paris.

www.nicolasfloch.net

 

 

 


Éric GUGLIELMI
Paradis perdu

CRP GUGLIELMI

 

Quoi de mieux que d’utiliser le langage universel de la photographie pour documenter la gestion des flux de carbone qui dépend de nos enjeux sociétaux et de la suractivité humaine ? Les forêts, particulièrement celle du bassin du Congo, sont une réserve importante de carbone due à la photosynthèse de la végétation et de ces 30 milliards de tonnes de carbone stockées dans sa tourbière. Elles sont aujourd’hui victimes d’une déforestation intenses due à l’agriculture, l’exploitation d’huile de palme et le commerce de bois précieux, avec des responsabilités locales et internationales.

Ces forêts sont lointaines mais leur préservation nous concerne tous : la protection des forêts tropicales représente 25 % de la solution dans le combat contre le changement climatique. Depuis 2014, j’opère un travail photographique documentaire pour l’ONU au Cameroun. La forêt du bassin du Congo constitue un habitat pour plus de 75 % de toutes les espèces végétales et animales connues de notre planète. Au mois de mars 2018, j’ai passé six semaines dans différentes régions : à  l’est, j’ai rencontré les pygmées Baka qui ne vivent que des ressources naturelles de cet écosystème. J’y suis revenu trois mois plus tard chercher l’image qui m’obsédait : cette terre rouge (due à la concentration d’oxyde de fer) et cette immense forêt, exploitée excessivement par l’homme, à contresens de l’urgence écologique mondiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Éric Guglielmi (1970) s’appuie sur une démarche organisée autour de la marche, de l’attente et de l’observation. Il prend le contre-pied de la pratique du reportage, privilégiant, contre le dogme de « l’instant décisif », « une lenteur du regard ». Il vit et travaille à Paris.

 

 

 


Ilanit ILLOUZ
Petra

CRP ILLOUZ

L’approche géologique et paysagère des sols, les conséquences sociales et géopolitiques de leur exploitation, traduisent un axe de recherche privilégié. J’arpente les territoires en quête d’indices des flux migratoires et économiques qui les ont marqués. Les débris organiques et minéraux collectés lors de marches sont photographiés et mis en récits qui décryptent l’histoire de ces paysages palimpsestes. 

La série Petra réunit un corpus d’images de minerais photographiés au Musée de minéralogie de l’École des Mines à Paris. L’exploitation des ressources naturelles est une source d’instabilité et de conflits. Certains minerais (germanium, titane, graphite, coltan…) ont une importance stratégique du fait de leurs utilisations dans la haute technologie. Les diptyques produits en héliogravure mettent en relation ces métaux précieux avec les gestes pratiqués pour leur maniement dans des applications industrielles civiles (smartphones, GPS) et militaires (grenades, missiles, boussoles). Ainsi se trouve souligné le lien entre nos comportements de consommateurs et l’épuisement prévisible des richesses des sous-sols.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  


Ilanit Illouz (1978) est diplômée de l’École nationale supérieure d’Arts de Paris-Cergy en 2005. Son travail singulier sur l’image est traversé par la question du récit, toujours appréhendé par le biais du hors champ ou de l’ellipse. Elle vit et travaille à Paris.

https://ilanitillouz.com

 

 


Florence PARADEIS
Des jours et des nuits

CRP PARADEIS

Les photographies de Florence Paradeis sont des arrêts sur image, des « sélections » dans le réel. À travers ses mises-en-scène très étudiées, l’artiste nous donne à réfléchir sur notre quotidienneté. Elle ne présente pas simplement la réalité, elle l’interprète. Elle nous place face à des scènes de la vie quotidienne desquelles se dégage cette inquiétante étrangeté imposée par la théâtralité. Comment un geste simple, répété quotidiennement, s’il est isolé et accentué, peut devenir inquiétant, absurde, voire inhumain.

Dans un premier temps, on reconnaît des gestes superficiels, d’une banalité évidente mais une observation attentive permet de découvrir un monde revisité avec ironie. La composition de ses photographies particulièrement précise, les couleurs vives à la limite de la saturation, la pose des acteurs... tout est exagérément travaillé alors que l’on est projeté dans le simple rapport intime qu’entretient l’homme avec son intérieur et les objets qui l’entourent. Le théâtre de la vie s’impose à nous et l’instant ainsi figé s’ouvre à de multiples interprétations paradoxales.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Florence Paradeis (1964) est plasticienne, photographe, vidéaste et collagiste. Elle obtient un diplôme national supérieur d’expression plastique (DNSEP) en 1989 à Metz. Elle est représentée par la Galerie In Situ - fabienne leclerc à Paris.

www.insituparis.fr